Studio 7: Place à la relève

Vendredi soir avait lieu la dernière présentation du Studio 7, un laboratoire pour les étudiants en arts de l’Université de Condordia. Au programme, une dizaine de propositions, de l’émotion au loufoque en passant par le mélange des arts, l’humour et la révolte.

Je suis toujours fascinée par les créations faites dans le cadre de l’université ou d’une école de danse. Elles restent souvent entre les quatre murs intimes de l’établissement alors que la plupart du temps, elles sont aussi intéressantes à découvrir que les œuvres de la Place des Arts. Dès que j’en ai l’occasion, je m’aventure dans ses soirées où l’esprit bon enfant règne comme notamment dans les spectacles de finissants de l’UQAM danse, les danses de mai et les danses à deux temps de l’école de danse contemporaine de Montréal (EDCMTL) ou de troupes semi-professionnelles.

Lors de ces événements, ce ne sont pas des étudiants qui montent sur scène, mais bien de véritables artistes à en devenir qui viennent dévoiler leur convictions et envies artistiques.

Vendredi dernier, une multitude de talents a foulé la scène conviviale du Studio 7. Pour débuter une soirée, un trio a contaminé la salle de sa fluidité corporelle englobée par de jolis sons de guitare. Dans une rondeur et une gestuelle intéressantes, les jeunes artistes ont gardé leur sérénité. S’en sont suivis deux pièces remplis de poésies. L’une en duo sur la magnifique Comptine d’un autre été où l’ivresse circulaire imprégnait les deux corps en improvisation. D’un autre côté, on a pu découvrir une interprète pleine de vivacité, de précision et de créativité dans un solo où l’espièglerie prenait tout son sens.

Plus tard, le public s’est déplacé pour former un cercle près d’une jeune femme qui en avait à dire et à exprimer par sa gestuelle sauvage, sensuelle et pleine d’authenticité. Dans un beau jeu de lumière, elle a fait passer son message et son assurance. Une douceur s’est ensuite emparée de la salle avec un duo bleuté où la fusion des deux interprètes se sentait et était belle à voir.

Plus expérimentale, une pièce nous a plongé dans un univers fait de plastique et de lumière. Tel un ingénieur fou, l’interprètes explore les possibilités lumineuse, grimacière et corporelle qui s’offrent à lui.

À la pause, une oeuvre multidisciplinaire prenait place dans la salle d’à côté. Peinture, projections, enregistrements sonores, musique en direct et danseuse créaient ensemble leur monde. Dans un ressenti percutant, l’interprète nous livre son vécu et transfère ses émotions dans l’intensité de ses mouvements. Un moment très touchant.

Retour de pause, une jeune compagnie montréalaise, Le Rorqual vient présenter sa pièce. Au départ immergée dans les années 30 avec quatres supers interprètes, la création change petit à petit de ton et les rôles s’inversent. Les talons s’enlèvent, les jogging s’enfilent et les corps parlent. Dans une gestuelle intéressante et une structure chorégraphique qui attire l’œil, la compagnie propose un dialogue sur la place de la femme dans la société.

Après une rapide installation scénique, un jeune homme vient proposer son numéro plein d’humour où le corps sert la vie quotidienne. Vieux téléphone, tapis, chaise et tasse de thé inspirent l’interprète pour créer sa pièce chorégraphique loufoque.

S’enchaîne ensuite un solo sur des airs de l’Irlande. Percussions corporelles, gigue et musique traditionnelle se combinent et se magnifient avec la présence assumée et pleine de plaisir du jeune interprète qui a réussi à monter l’ambiance d’un cran.

Un de mes coups de cœur arrive après la projection d’un film. Sur scène, une jeune femme seule, seule face à la vie qui se stresse à savoir si tout va bien aller. Dépassée par les événements, elle déconstruit la relation corps et esprit pour proposer une gestuelle pleine de vivacité et de précision et offrir une pièce sensible, originale et très physique.

Pour finir la soirée, place à l’humour avec une jeune comédienne qui a mis le feu à la salle. En racontant gaffes sur gaffes, elle tient le spectateur en haleine avec ses anecdotes hilarantes et met fin à une bien belle soirée.

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