Les BJM en trois univers: performances en demi-mesure

Mercredi soir a eu lieu le lancement de la 22e saison de Danse Danse avec les BJM – Ballets Jazz de Montréal. La compagnie montréalaise a dévoilé trois pièces de deux chorégraphes internationaux: Casualties of Memory et O Balcão de Amor d’Itzik Galili et Soul d’Antonis Foniadakis.


La première pièce, O Balcão de Amor, nous plonge dans un univers léger et humoristique. Les artistes jouent dans la caricature: costumes, positions et gestuelles grotesques, grimaces et imitations. Sous les rythmes caribéens, les interprètes célèbrent la sensualité, la séduction et les enfantillages qui existent dans la magie des rencontres éphémères. L’ambiance détendue de la pièce habille la scène et les danseurs enchaînent les phrases chorégraphiques qui, comme à l’habitude des BJM, dévoilent une virtuosité et une maîtrise corporelle, toujours belle à voir. La pièce fait sourire, mais nous laisse tout de même perplexe dans sa construction et sa finalité, parfois un peu dans le cliché.

Soul d’Andonis Foniadakis démarre en flèche, avec une scène arborée de lumières tamisées. Les flashs lumineux se marient à la chanson Ball and Chain, popularisée par Janis Joplin et interprétée par la Québécoise Angel Forrest. Le duo de danseur est explosif et sensuel. L’énergie est sexy, enivrante, digne d’une belle vidéo de danse, qui pourrait apporter un œil plus complet à la chorégraphie. La pièce s’essouffle cependant vite à cause d’un début trop marquant et d’une chorégraphie toujours intense, et parfois attendue. À souligner tout de même, une magnifique performance de la part des deux danseurs où l’union des corps rend hommage à la beauté du contact humain, la rage au cœur.

Enfin, Casualties of Memory d’Itzik Galili conclut la soirée à merveille. Dans une lumière douce et géométrique, un duo entame la création. Une belle harmonie ressort de ce moment doux où les autres danseurs observent la communion du duo. On s’immerge alors dans les corps, fascinant équilibre de grâce, qui revient à un autre moment dans la pièce. Les darboukas et les percussions emportent les cœurs. Les corps sont placés, enchaînent petits mouvements et amples gestuelles, faisant penser à la technique Gaga. La précision devient belle et la complicité entre les danseurs est palpable.
En conclusion, on peut dire que les BJM – Ballets Jazz de Montréal nous époustoufle par leur technique et leur maîtrise corporelle. Les belles lignes, la souplesse et les magnifiques pieds pointés continueront toujours à rendre jaloux les danseurs amateurs ou débutants et à fasciner le grand public, qui constatera de toute la polyvalence et la virtuosité de ces super danseurs.

BJM- Ballet Jazz de Montréal
Casualties of Memory, O Balcão de Amor d’Itzik Galili et Soul d’Antonis Foniadakis
Théâtre Maisonneuve
Jusqu’au 5 octobre

Photo (Casualties of Memory) © Thierry Du Bois

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