Léa Villalba

Journaliste indépendante et photographe

Club Sexu: le coït ne sera finalement pas interrompu

En pleine expansion depuis sa création en 2019, le média Club Sexu a fait savoir la semaine dernière qu’une pause allait être envisagée. La cause? Un manque de fonds pour continuer à produire du contenu pertinent et de qualité. Mais grâce à une belle communauté (40k sur insta!), Club Sexu n’aura pas à mettre fin à sa lancée.

« On a longtemps hésité avant de lancer une campagne de dons. Vraiment, on ne l’a pas faite pour le plaisir. On était vraiment dans une impasse à ce moment-là, on était à deux doigts d’arrêter nos projets média. Mais on a voulu être honnête et transparent avec les gens qui nous suivent, aussi pour qu’ils se rendent compte que ce n’est pas toujours facile, qu’il y a beaucoup de ressources en arrière pour créer notre contenu », raconte Geneviève Bergeron, cofondatrice du média Club Sexu. Durant la semaine du 13 novembre, toute l’équipe du Club Sexu, qui représente 6 membres sur un CA, 7 employé.e.s à temps plein et de nombreuses personnes collaboratrices, décident de lancer le message sur leurs réseaux sociaux : « coït interrompu. Une fermeture complète de notre média pointe le bout de son nipple. Pour nos 4 ans, fais un don de 4$ ».

Peu de temps après les débuts du Club Sexu, en 2019, les deux cofondatrices Geneviève Bergeron et Maude Huysmans ont mis en place un modèle d’affaires « unique en son genre » pour leur permettre de subvenir à leur besoin et de faire grandir leur organisme. « Notre force, c’est le design, la communication, alors on a décidé d’engendrer des revenus autonomes, à côté du média, grâce à notre studio créatif. On offre donc nos services à des organismes ou entreprises qui œuvrent dans les mêmes domaines que nous : sexualité, intimité, genre, etc. L’argent est ensuite réinvesti à 100% dans les projets autour du média », explique Mme Bergeron. De plus, en tant qu’OBNL, le Club Sexu bénéficie aussi de certaines subventions. « On arrive parfois à en avoir pour des projets particuliers, mais c’est quasiment impossible d’en obtenir pour le fonctionnement quotidien, notre local, etc. », ajoute-t-elle.

Rester proche de ses valeurs

Derrière les publications vulgarisées, drôles et éducatives du Club Sexu, de nombreuses personnes sont impliquées. « On jumèle des expertises complémentaires avec à la fois des spécialistes en communication, en design, en rédaction, en stratégie, mais aussi des sexologues, des chercheuses, etc. Oui, on utilise des jeux de mots, de l’humour, mais en arrière, il y a toujours la science, appuie la cofondatrice. Et rémunérer décemment toutes ces personnes, reconnaitre leur travail et leur expertise, ça a un prix ».

De plus, il est important pour le Club Sexu de garder son contenu « accessible au plus grand nombre ». « On ne veut pas que les gens payent pour notre contenu. L’idée du Club Sexu, c’est une plateforme inclusive, éducative, qui permet d’avoir des conversations honnêtes sur la sexualité, montrer la diversité et créer des espaces sécuritaires. Il faut que tout le monde y ait accès », revendique Geneviève Bergeron.

En seulement trois jours, le Club Sexu a dépassé son objectif de recueillir 10 000$ de dons. « On a la chance d’avoir une belle communauté derrière nous. Ça va nous permettre de continuer notre travail pour quelques mois encore, conclut Mme Bergeron. Mais c’est sûr qu’avec la crise actuelle des médias et les réseaux sociaux qui montrent beaucoup moins notre travail, on va devoir continuer à être créatif dans notre modèle pour remplir notre mission! »

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